IDENTIFICATION

Année de labélisation : 2025
Renouvelé en date de :
Non renouvelé en date de :
Anciens Noms :
Numéro de francisation : 03927006901
N° Immatriculation : BR637695
Quartier d'immatriculation : BR
Type, série, ou nom local : Cotre Breton
Protégé au titre des Monuments Historiques : non

Localisation

Localisation (département) : 29
Port d’attache habituel : Le Conquet
Chantier d’hivernage :

Caractéristiques

Genre : Maritime
Usage à l'origine : Plaisance
Mode de propulsion (à l'origine) : voile
Mode de propulsion (actuel) : voile
Architecte : Victor Belbeoch
Chantier constructeur : Victor Belbeoch
Année de construction (ou mise en service) : 1964
Longueur hors tout : 9m
Longueur coque : 6.8m
Longueur flottaison : 6m
Largeur Maître bau : 2.4m
Tirant d’eau : 1.4m
Tirant d’air : 9m
Déplacement (tonnes) : 3

Description

Coque / à propos :

Construction en bois, principalement chêne, bordés classiques sur membrures sciées. Saumon de lest en fonte. Œuvres mortes entièrement reprises, identiquement à l’original, en 2019 par le chantier Le Moigne. Œuvres vives à reprendre, chantier prévu pour l’hiver 2025-2026.

Pont et superstructures / à propos :

Pont et superstructures / état actuel :

Pont et rouf en contre-plaqué marine, entièrement repris, identiquement à l’original, en 2015 par le chantier Tanguy.

Gréement / à propos :

Côtre aurique avec grand-voile dite à corne, trinquette et foc sur bout-dehors. Mat, pic et bôme (avec prise de ris à rouleau) d’origine et en bois. Bout dehors en bois (remplacé à l’identique dans les années 1990). Gréement dormant inox.

Voilure / à propos :

Grand-voile (~30m2), Trinquette (~7m2), foc (~9m2). Les voiles sont de couleur blanches, en dacron, et en état d’usage.

Emménagements / à propos :

Emménagements sommaires se composant de 4 couchettes et quelques éléments de rangement (démontés à ce jour).

Emménagements / état actuel :

Moteur(s) / type, puissance, année :

4 cylindres diesel Vetus M415A605A, 24.3 ch @3000 rpm, moteur datant de ~ l’année 2000 et installé en 2022 sur l’Hippocampe (en deuxième main). Aviron de godille et dame de nage originaux toujours à bord.

Intérêt Patrimonial

Témoignage humain :

Hippocampe est un bateau témoin de l’œuvre du charpentier de marine Victor Belbeoc’h et construit en 1964 pour le Colonel Roger Bergot (1916-1984) pour la plaisance. Victor Belbeoc’h était le patron du chantier naval éponyme sis au Fret sur la commune de Crozon. Le sillon du Fret à Crozon est un haut lieu du patrimoine maritime du Pays de Brest. La construction navale y démarra en 1922 avec l’établissement du chantier naval de Mr Stipon. Seul au départ, il embauche deux ouvriers, Auguste Tertu et Victor Belbéoc'h, qui ne tarderont pas à ouvrir leur propre chantier. Auguste Tertu établira son chantier naval à côté de celui de Mr Stipon, avant d'émigrer pour Rostellec (toujours sur Crozon) en 1957. Victor Belbéoc'h s’établira en 1930 à quelques mètres de là, de l’autre côté de la route sur la grève. Selon des méthodes révolus datant du temps de Colbert, les bateaux des chantiers du sillon du Fret étaient construits sur la grève, en plein air, en haut de la grève, le plus près possible de la laisse de haute mer, les établis, outils et machines abrités dans de simples baraques en bois. Plusieurs associations et acteurs locaux s’efforcent aujourd’hui de faire vivre ce patrimoine maritime de la Rade de Brest. Les baraques du chantier Stipon sont aujourd’hui entretenus par l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Maritime du Fret. Les baraques du chantier Belbeoc’h ont été détruites au début des années 1990. Peu d’unités sortis de ces chantiers sont aujourd’hui en état de naviguer ou subsistent. Deux unités construites par Victor Belbeoc’h font l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques: - Le Corbeau des Mers, caseyeur de 10m construit en 1931, classé au titre objet des Monuments Historiques en 1991. - Le Saint Guénolé , coquillier de 11m construit en 1948, classé au titre objet des Monuments Historiques en 1993. (Et plusieurs unités construites par Tertu font aussi l’objet d’un classement ou d’une inscription au titre des Monuments Historiques.) Quelques bateaux de Victor Belbeoc’h ont fait l’objet de portraits de la part de l’artiste Henry Kerisit (notamment Belle Germaine). En plus d’être témoin de l’œuvre de Victor Belbeoc’h, l’Hippocampe est témoin de la mémoire du Colonel Roger Bergot (ESM Saint-Cyr 1939). Entre autres, Le Colonel Roger Bergot fut cité à l’ordre de l’Armée et décoré de la Légion d’Honneur à 24 ans pour son « admirable sang froid dans une mission de sacrifice » en 1940. Roger Bergot sera grièvement blessé à Gerbevillers (Vosges) le 20 juin 1940 et ensuite fait prisonnier lors de ce dernier acte de la bataille de 1940 (alors que le soir de ce même jour la délégation française venant de Bordeaux se dirige en direction de Paris et Rethondes pour négocier l’armistice). Après cinq ans d’emprisonnement, il sera successivement déployé, dès 1946, en Tunisie, en Indochine et en Algérie.

Témoignage technique ou conceptuel :

L’Hippocampe fait partie d’une petite série de cotres à corne de ~7m construits pour la plaisance dans les années 1930-1960 par les charpentiers Belbecoh’ et Tertu. Beaucoup de ces bateaux ont maintenant disparu, à notre connaissance les exemples suivants naviguent toujours : - Flic Flac (Tertu), basé à Camaret (29) - Le Fretois (Tertu), basé à Camaret (29) - Saint Ronan (Tertu), BIP, basé dans les Cotes d’Armor (22) - Morskoul (Belbeoc’h), basé dans les Cotes d’Armor (22) L’Hippocampe a été construit sur le modèle du Morskoul, avec 50cm de longueur en plus. La coque, le gréement et le roof sont aussi très similaires au Saint Ronan. L’Hippocampe est probablement l’un des derniers de ce type de bateau à voile et typique du Fret construits par leurs concepteurs « originels », Belbeoc’h ou Tertu, les modes ayant déjà bien évolués en 1964, et la pêche à la coquille dans la rade de Brest s’étant motorisée. Ces bateaux de plaisance étaient conçus sur la base d’un bateau de travail : le coquillier de la rade Brest*, mais adapté pour la plaisance (régates, cabotage). Les principales caractéristiques sont une étrave droite et un tableau arrière droit suivant la quête (prononcée) de l'étambot. A la différence des coquilliers, on note sur l’Hippocampe un saumon de lest en fonte, une voilure généreuse (quasiment 50m2) avec un foc sur bout-dehors et un tirant d’eau important, ce qui le rend puissant et raide à la toile. On note aussi la présence de béquilles pour l'échouage, de deux bandes molles et d’une barre franche. A l’exception des aménagements intérieurs, l’Hippocampe n’as subi aucune modification architecturale au niveau de la coque, des aménagements extérieurs et du gréement, qui sont restés dans leurs configurations originales. * « Le développement de la pêche à la coquille en rade de Brest, à partir des dernières années du XIXe siècle, fait apparaître un type nouveau de bateau de pêche, le sloup coquillier, dont les qualités évolutives lui permettent de supplanter bientôt l’ancienne chaloupe locale. Le coquillier possède une quille en forte différence, et un arrière à tableau bien dégagé qui surmonte un étambot doté d’une forte quête, ce qui lui assure une bonne marche au plus près et d’excellentes qualités évolutives, indispensables pour louvoyer sur les bancs de coquilles. Long en moyenne de 8,80 mètres et large de 3,16 mètres, il est lesté à l’aide de mortier et de terre glaise. Le gréement de sloup se compose d’une grand-voile haute, d’un flèche et d’une trinquette. Le bout-dehors et son foc, proscrits dans ces flottes où 50 à 100 bateaux draguent bord à bord, ne sont gréés qu’en régate. En 1951, une flottille de 150 sloups drague encore la coquille à la voile en rade de Brest, la motorisation n’intervenant qu’en 1953. En 1980, quelques coquilliers travaillent encore au Tinduff, à Pors Beac’h, à Kerascoët. » Source Le Chasse Marée

Témoignage événementiel ou d’une activité révolue :

L’Hippocampe, tout comme ses semblables, a été construit pour la plaisance en mer d’Iroise. A son neuvage les principales activités étaient la pêche côtière, la croisière côtière et la participation aux régates de cotres en mer d’Iroise. L’Hippocampe est toujours basé en mer d’Iroise, et l’a toujours été, ainsi qu’il est resté dans la même famille. Il est aujourd’hui basé au Conquet. La navigation à bord de l’Hippocampe s’effectue tel qu’à l’époque de son lancement, sans électronique ni winches et en prenant les ris au rouleau (typique des coquilliers). La cabine modeste permet des croisières côtières. L’Hippocampe a joué son rôle de témoin dès le début des années 80s au mouvement de renaissance de la voile traditionnelle, en participant notamment aux premières fêtes de Pors Beach’ et Ploumanach’, et aux régates de cotres organisé par les ports du Conquet et du Tinduff. Ensuite l’Hippocampe a participé aux fêtes maritimes de Brest et de Douarnenez (1992, 1996, 2000, 2004, et 2008 et 2018) ainsi que plus récemment aux Voiles de Camaret. Un projet associatif est aujourd’hui mis en place pour l’Hippocampe par les descendants du colonel Roger Bergot afin de faciliter son entretien, les restaurations lourdes à venir (œuvres vives cet hiver), sa transmission, et surtout contribuer à continuer à le faire naviguer en mer d’Iroise et lors des rassemblements et régates de bateaux anciens en Bretagne.

Autres éléments remarquables :

L’Hippocampe est resté dans la même famille depuis sa construction et nous sommes ainsi en possession de nombreux éléments originaux, tels que : - La demi-coque faite par Victor Belbeoc’h pour sa construction - Le bon de commande original de construction - L’acte de francisation original - Moteur marine Renault Couach BD2 original de 1964 (et qui tournait encore en 2020) L’Hippocampe a toujours été basé dans le Pays de Brest en mer d’Iroise (Hivernage à Brest, Le Conquet, ou Camaret, Anse de Bertheaume l’été).

Chronologie :

Chronologie des propriétaires : - 1964 - 1984 : Roger Bergot - 1984 - 1987 : Jean-Luc Bergot et Pierre Bergot - 1987 - : Pierre Bergot Chronologie des rénovations importantes - 1991 : Chantier du Conquet : Remplacement du pont et du roof, reclouage et reprise de quelques bordés, nouveaux aménagements intérieurs. - 1997 : Chantier de Camaret : Remplacement des boulons de quille. - 2018 : Chantier Tanguy : Remplacement du pont en lattes de pin par du contreplaqué (tel qu’à l’origine), remplacement du liston, reprise du roof. - 2020-2021 : Chantier Le Moigne : Remplacement des œuvres vives (bordés, membrures). - A venir : Chantier œuvres mortes, malheureusement il a été constaté que quasiment tous les bordés et varangues sous la ligne de flottaison doivent être remplacés.

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Site internet :