IDENTIFICATION
Localisation
Caractéristiques
Description
Coque / à propos :
Prototype conçu par le cabinet VPLP Design et optimisé par l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse). Il a été construit par un consortium d'entreprises sous la houlette de Dassault Aviation, Naval Group et les Chantiers de l'Atlantique. La coque et les flotteurs, fabriqués par DCN Lorient, sont faits de plusieurs couches de fibres de carbone imbibées de résine et séparées par des structures en nid d’abeilles ; le tout est recouvert d’une couche de kevlar. Etat actuel : coque centrale et bras de liaisons désassemblés et en cours de rénovationPont et superstructures / à propos :
Pont et superstructures / état actuel :
L’Hydroptère utilise essentiellement le carbone. Les bras de liaison sont en carbone/nid d'abeilles et résine cuits en autoclave. Ils font 12 m de long. Les foils utilisent également le même matériau, les foils latéraux ayant de plus un bord d'attaque en composite de carbone (remplaçant l’aluminium des premières versions). Les foils latéraux font six mètres, et pèsent 380 kg ; ils sont terminés par de petits ailerons verticaux (winglet) . Les foils sont maintenus à un angle de 42 à 45° par des bras en titane. Le montant du foil arrière mesure 3,30 m ; le foil arrière possède un volet de 55 cm qui permet de commander le décollage. Etat actuel : désassemblés et en cours de rénovationGréement / à propos :
Le mât en carbone mesure 27 m de haut. Il a été conçu par le cabinet Hervé Devaux Structures, spécialisé dans le calcul de structure. Gréement dormant en acier et kevlar. Etat actuel : mât déposé pour être radiographiéVoilure / à propos :
Les voiles (grand voile et genaker) font une surface totale de 400 m2. Grand Voile : 165 m² Grand Voile 1 ris : 138,5 m² Grand Voile 2 ris : 110 m² Genaker : 184 m² Solent : 94 m² Trinquette : 49 m² L'Hydroptère utilise des voiles en fibre de carbone. L'avantage de ce choix étant une moindre élasticité de la voile et une meilleure résistance aux ultraviolets.Emménagements / à propos :
Aucun aménagement intérieurEmménagements / état actuel :
Moteur(s) / type, puissance, année :
Moteur d'appoint (35 cv) pour les manœuvres de portIntérêt Patrimonial
Témoignage humain :
L’histoire de l’Hydroptère est liée à plusieurs marins mais l’homme qui a tout déclenché est Eric Tabarly.
Dès les années 1970, Eric Tabarly qui cherche en permanence des moyens d’aller plus vite sur l’eau, rencontre un ingénieur de chez Dassault Aviation, Alain de Bergh.
Dès 1976, les deux hommes vont concevoir un trimaran à foils , le Paul Ricard avec lequel Tabarly dispute plusieurs courses océaniques. Mais, en raison d’un poids trop important dû aux matériaux existants à l’époque (essentiellement l’aluminium), le trimaran n’atteindra jamais les vitesses escomptées. Ce qui ne l’empêchera pas de battre en 1980, le record de la traversée de l’Atlantique (10 jours). Preuve que le concept était valable.
C’est la rencontre avec Alain Thébaud qui était l’un des équipiers de Tabarly qui va accélérer les choses.
Le jeune marin fédère autour de lui marins, concepteurs et industriels et L’Hydroptère est mis à l’eau en septembre 1994.
Après une campagne de records en Europe, il tente de battre celui de la traversée Los Angeles-Honolulu. C’est un échec et Alain Thébaud abandonne l’Hydroptère à Hawaï.
C’est à qu’intervient le 3ème homme de l’histoire de l’Hydroptère, Gabriel Terrasse. Passionné par ce voilier mythique, il le rachète avec un associé américain aujourd’hui décédé, quelques jours avant sa destruction dans la marina d’Hawaï ou il a été abandonné.
Et après maintes péripéties, il réussi à le ramener en France.
Aujourd’hui Alain Terrasse a commencé la reconstruction de l’Hydroptère sur les bords de Loire avec une société créée et autofinancée, L’Hydroptère 2.0. Il a également le soutien dans cette aventure d’une association, “Des Voiles et des Ailes”.
Témoignage technique ou conceptuel :
Le concept de trimaran volant est une véritable révolution dans l’architecture navale.
Jusqu’alors et depuis la nuit des temps, les bateaux naviguaient selon le principe Archimédien.
Un bateau se déplace en poussant l’eau qui est devant lui. Si on arrive à s’affranchir de ce frein, on peut aller beaucoup plus vite.
Ce principe est à la base du concept mis eu point par Eric Tabarly et Alain de Bergh.
Imaginé sur le papier puis testé avec des maquettes et enfin, optimisé grâce à de nouvelles études, le concept du trimaran volant est validé.
Seule problématique, pour pouvoir voler sur l’eau, il faut être léger mais aussi résistant aux énormes contraintes engendrées (plusieurs dizaine de tonnes au m2).
L’aluminium, seul composant disponible dans l’univers maritime dans les années 1970, est trop lourd pour permettre à un voilier de décoller par la seule force du vent.
Il faudra attendre l’arrivée dans le projet de plusieurs grosses entreprises françaises (Airbus, Naval Group, etc.) et l’utilisation de matériaux issus de l’aéronautique (carbone, kevlar, nid d’abeille, etc.) pour que L’Hydroptère puisse, après des années de mise au point, enfin voler et battre de nombreux records.
Témoignage événementiel ou d’une activité révolue :
A partir de 2005 et après quelques péripéties et de nombreuses casses, L’Hydroptère enfin fiabilisé bat de nombreux records :
2005 : Alors dans sa 4e version de développement et soutenu par Alstom, le 9 février, l’Hydroptère bat le record de la traversée de la Manche à la voile en 33 minutes. Deux minutes de moins que la première traversée en avion de Louis Blériot. Sur cette traversée, la vitesse moyenne sera de 33,3 nœuds.
2007 : Le 24 avril, l’Hydroptère bat le record de vitesse sur un mille marin avec 41,69 nœuds. Record jusque là détenu par une planche à voile.
2008 : L’Hydroptère est le 1er voilier à passer la barre mythique de 50 nœuds.
2009 : En rade d’Hyères, l’Hydroptère bat à nouveau le record absolu de vitesse à la voile sur 500 m avec un sprint à 51,36 nœuds.
2010 : L’Hydroptère entreprend de battre des records de traversées océaniques sans succès.
2015 : Tentative sur le parcours Transpac (Los Angeles-Honolulu) et nouvel échec.
2015 : Abandon de l’Hydroptère à Hawaï
2019 : Rachat du trimaran par Gabriel Terrasse et un associé américain, Chris Welsh.
2021-2023 : Rapatriement en pièces détachées vers la France
2024 : Début de la reconstruction à Nantes au bord de la Loire
Autres éléments remarquables :
En 2019, si les coques, le mât, la structure, les foils, les écrêteurs sont intacts, L’Hydroptère a été intégralement pillé de tout équipement et accastillage durant son abandon à Hawaï : C’est une coquille vide, il faut tout refaire à bord.
Cela prendra plusieurs mois et le 2 novembre 2019, L’Hydroptère prend la mer en autonomie pour rejoindre le chantier de Chris Welsh à San Francisco où il arrive sans gros souci 15 jours plus tard.
Courant 2020, L’Hydroptère est sorti de l’eau et entièrement démonté.
En mai, le contact est pris avec le Technocentre Airbus de Nantes qui souhaite aider à la rénovation de L’Hydroptère. La logistique d’Airbus se mobilise et met à disposition ses navires qui font la liaison Alabama – Saint-Nazaire pour un rapatriement.
En 2021, 2 voyages permettent de rapatrier toutes les parties aéronautiques de L’Hydroptère (foils, bras de liaison, écrêteurs) au Technocentre. Et en janvier 2023, la coque centrale, le mât et les flotteurs arrivent à leur tour.
Après une odyssée de 3 ans et demi et 15 000 km, L’Hydroptère retrouve enfin la France !
Chronologie :
Liste des propriétaires :
1994 – 2015 : Alain Thébaud
2015-2019 : abandon dans une marina d’Hawaï avant son rachat aux enchères
2019-2025 : 2 co-propriétaires : Gabriel Terrasse et Mme Chris Welsh.
Depuis 2025 : Gabriel Terrasse




