IDENTIFICATION

Année de labélisation : 2026
Renouvelé en date de :
Non renouvelé en date de :
Anciens Noms :
Numéro de francisation : 205452024620
N° Immatriculation : 438784
Quartier d'immatriculation : ST
Type, série, ou nom local : Voilier
Protégé au titre des Monuments Historiques : non

Localisation

Localisation (département) : 34
Port d’attache habituel : Sète
Chantier d’hivernage : Classic Works (La Ciotat)

Caractéristiques

Genre : Maritime
Usage à l'origine : Plaisance
Mode de propulsion (à l'origine) : voile
Mode de propulsion (actuel) : voile
Architecte : Norman E. Dallimore
Chantier constructeur : King & Son's
Année de construction (ou mise en service) : 1934
Longueur hors tout : 16.67
Longueur coque : 15.28
Longueur flottaison : 13.41
Largeur Maître bau : 4.13
Tirant d’eau : 4.80
Tirant d’air : 19
Déplacement (tonnes) : 30

Description

Coque / à propos :

Construction classique goélette. Bordés en Pitchpin. Etrave, quille, étambot et membrures en chêne. Lest plomb (9t). Arrière canoë avec queue de malet en hêtre.

Pont et superstructures / à propos :

Pont et superstructures / état actuel :

Pont latté, plats bords et lisses en teck. Panneau descente poste avant, clairevoie, rouf et cockpit d'origine en teck de l'Inde.

Gréement / à propos :

Goélette gréement bermudien. Mât de misaine, grand mât et bômes d'origine en Pin d'Oregon. Gréement dormant inox (épissé). Gréement courant synthétique (tressé). Ferrures de gréement en bronze.

Voilure / à propos :

Grand voile, voile de cape, trinquette, foc, génois, foc ballon, petit foc, voile d'étai (rideau). Toutes les voiles entièrement rénovées en Dacron. Surface totale env. 270 m².

Emménagements / à propos :

Poste avant avec couchette double. Espace cuisine avec cuisinière et four anti-rouli, frigo électrique, évier. Un cabinet de toilette sur chaque bord (douche, lavabo, WC). Deux cabines doubles séparées par une coursive. Grand carré avec deux couchettes, boiseries teck et chêne. Table du carré anti-rouli provenant du bateau d'Aristide Briand. Roof, couchette double sous la table à cartes, soute à voiles et moteur. Cockpit avec table rétractable dans la voute arrière. Coffre cockpit et soute arrière pour rangement des amarres, moteur annexe, pare-battage, groupe électrogène.

Emménagements / état actuel :

Moteur(s) / type, puissance, année :

Yanmar 4HLA HT 160 cv. Mis à bord neuf en 2025.
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Intérêt Patrimonial

Témoignage humain :

Témoignage technique ou conceptuel :

Témoignage événementiel ou d’une activité révolue :

Autres éléments remarquables :

Construit en 1934, Vagabond est le fruit d’une période exceptionnelle de l’histoire de la voile britannique. Son histoire est intimement liée à Burnham-on-Crouch, sur la côte est de l’Angleterre, l’un des plus prestigieux centres de yachting de la première moitié du XXᵉ siècle.

Depuis le début des années 1900, Burnham accueille les grandes régates de la famille royale et de la haute société britannique. Le Royal Burnham Yacht Club, qui reçoit son titre royal en 1920 par décision du roi George V, devient l’un des hauts lieux de la plaisance anglaise. Les excellentes conditions de navigation offertes par la rivière Crouch attirent les meilleurs architectes navals, les chantiers les plus réputés et les plus grands navigateurs du pays.

C’est dans cet environnement d’innovation et d’excellence que collaborent deux figures majeures de la construction navale britannique : Norman E. Dallimore, architecte naval reconnu pour ses plans élégants et performants, et Stan King, propriétaire du chantier King & Sons, dont les réalisations acquièrent rapidement une réputation internationale. Ensemble, ils conçoivent plusieurs voiliers de course victorieux, parmi lesquels Lady Ann, Lora ou encore Daffodil, vainqueur de la première édition de la prestigieuse Courtauld Trophy en 1933. Les constructions de King & Sons deviennent alors une référence pour les voiliers hauturiers destinés aux grandes courses et aux navigations lointaines.

C’est dans ce contexte que Maurice Balfour Chater, ancien dirigeant d’une importante compagnie britannique de chemins de fer et passionné de navigation, commande à King & Sons une goélette de 55 pieds dessinée spécialement par Norman E. Dallimore. La construction mobilise pendant près de deux années les meilleurs savoir-faire du chantier.

La structure de Vagabond reflète cette recherche de qualité : étrave, quille, étambot et membrures sont réalisés en chêne ; les bordés en pitchpin sélectionné ; le cockpit et les claires-voies en teck d’Inde ; le pont, les mâts et les bômes en pin d’Oregon et en spruce de première qualité. Sa dérive, d’environ une tonne, est coulée à partir du bronze récupéré lors du remplacement des hélices du paquebot Normandie, tandis que le doublage de sa coque en cuivre rouge est offert en remerciement par la compagnie de chemins de fer de Maurice Chater.

Mis à l’eau sur la rivière Crouch en 1934 devant une foule nombreuse, Vagabond arbore les couleurs du Royal Burnham Yacht Club. Long de 16,76 mètres pour un déplacement d’environ 30 tonnes, il est conçu aussi bien pour la navigation hauturière que pour la vie à bord. Maurice Chater et son épouse y élisent d’ailleurs domicile, faisant du voilier leur véritable « home ».
Rapidement, Vagabond quitte les eaux anglaises pour rejoindre la Méditerranée en empruntant le canal du Midi. Il fréquente régulièrement les ports de Sète, Hyères, Sanary et Cannes, à une époque où les voiliers de plaisance restent rares sur ces côtes. Les cartes de navigation conservées témoignent également de voyages vers Malte, le Liban et l’Égypte. En 1939, le registre des Lloyd’s mentionne Vagabond comme membre du Royal Malta Yacht Club, tout en restant affilié aux prestigieux Royal Engineers Yacht Club et Little Ship Club en Angleterre.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Maurice Chater regagne précipitamment l’Angleterre, laissant Vagabond désarmé à Sète. Le voilier échappe à la réquisition allemande grâce à la faible puissance de ses moteurs, insuffisante pour les besoins militaires. En août 1944, lors de la destruction du port de Sète par les troupes allemandes en retraite, un bloc de pierre projeté par l’explosion du Pont de Pierre transperce son pont et le fait sombrer. Pendant plusieurs mois, seuls ses mâts émergent de l’eau.

Cinq mois plus tard, les charpentiers de marine François Manfredi et Mimi Ricciardi, assistés du mécanicien Francis Bénac, parviennent à renflouer le voilier. Maurice Chater retrouve ensuite son bateau pour quelques années, avant d’être contraint de s’en séparer pour des raisons de santé. Paul Boyé acquiert Vagabond en 1957, qui passe officiellement sous pavillon français.
Depuis cette date, la famille Boyé veille avec passion à la préservation de Vagabond.

Toujours naviguant, ce remarquable témoignage de l’âge d’or de la construction navale britannique poursuit sa vie en Méditerranée, perpétuant l’héritage du chantier King & Sons et du talent d’architecture de Norman E. Dallimore. Aujourd’hui, Will Dallimore perpétue la mémoire de ce dernier à travers une association des propriétaires des bateaux dessinés par son grand-père, qui compte Vagabond dans ses membres.

Chronologie :

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