Construite en 1913 au chantier Ruoppolo de Marseille, la barquette Mercedes (Longueur 5,32 m, jauge 1,73 Tx, poids total 1050 kg) a été entièrement restaurée par l’association Boud’mer, avec un défi d’envergure : l’équiper d’une propulsion électrique. Ce projet a mobilisé les talents, Conseil Départemental de la Fondation du Patrimoine, Marseille Accueil Culture et Tradition, la Fondation Ponant, le Lycée Poinso Chapuis et OZO Electric. Le résultat est étonnant.

La restauration a été menée selon les méthodes traditionnelles par Boudmer et les élèves charpentiers de marine du Lycée Poinso Chapuis. Près de 2700 heures de travail auront été nécessaires pour redonner vie au navire.

Patrick Georges, de l’association Boudmer, porte le projet d’électrification de la barquette : “Le moteur de Mercedes était HS. On avait le choix entre le remplacer par un thermique où innover. Je me suis rapproché d’une entreprise locale, spécialisée, OZO Electric, qui dispose d’un bureau d’étude performant et de partenariats avec des écoles d’ingénieurs, dont les Arts et Métiers Paris Tech basée à Aix-en-Provence. Ils ont relevé le défi et c’est un étudiant qui a porté le projet de conception et réalisation du moteur électrique de Mercedes, au point d’en faire son sujet d’étude”. Le résultat est bluffant, faible encombrement, poids plume, installation aisée.

La solution technique retenue : un moteur Brushless OZO de 10 kW , 1 kit batteries Lithium Fer 48V 280 AH . Autonomie ciblée 6 à 7 heures à 5 nœuds . 200W de panneaux solaires pour accompagner la recharge seront testés. La gestion de cette batterie se fait par une application qui permet de suivre la charge et la consommation en temps réel. L’autonomie peut au final aller jusqu’à 30 heures à 3 noeuds ou 9 heures à 5 noeuds. Elle vise principalement à couvrir aisément les manoeuvres d’entrée et de sortie de port, le mode de locomotion principal restant la voile. La pleine charge se fait en 8 heures, en étant connecté à une borne portuaire conventionnelle. Le bloc moteur, particulièrement compact, est discrètement placé sous le panneau arrière du navire.

Budget ? “L’équivalent d’une motorisation inboard diesel, la réponse aux nouvelles normes environnementales en plus, confie Patrick Georges. La solution du tout électrique a été retenue pour Mercedes pour un coût de 12 000 €. Une déclinaison hybride est possible pour un coût moindre, 2500 € environ, et une réponse très avant-gardiste à l’évolution probable de la législation en matière de mobilité dans les ports et les zones protégées.”

A suivre !

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