IDENTIFICATION
Année de labélisation : 2025
Renouvelé en date de :
Non renouvelé en date de :
Anciens Noms :
Numéro de francisation :
N° Immatriculation : G85535
Quartier d'immatriculation : NA
Type, série, ou nom local : Monotype de la Loire
Protégé au titre des Monuments Historiques : non
Localisation
Localisation (département) : 44
Port d’attache habituel : Nantes
Chantier d’hivernage :
Caractéristiques
Genre : Maritime
Usage à l'origine : Plaisance
Mode de propulsion (à l'origine) : voile
Mode de propulsion (actuel) : voile
Architecte : Talma Bertrand
Chantier constructeur : Skol ar Mor
Année de construction (ou mise en service) : 2025
Longueur hors tout : 5.50
Longueur coque : 5.50
Longueur flottaison : 4.50
Largeur Maître bau : 1.70
Tirant d’eau : 0.80
Tirant d’air : 11.00
Déplacement (tonnes) : 0.900
Description
Coque / à propos :
Réplique d'un monotype de la Loire, série créée sur plans (1928) de Talma-Bertrand, exécutés par François Vivier pour la construction effectuée dans le cadre du Centre de formation Skol ar Mor (Mesquer - Saint-Nazaire) en 2025. Aucun exemplaire de la série originale n'ayant subsisté, l'association Erdre Voiles Passion (Franck Barrau, président) a décidé d'en produire un exemplaire à l'identique. A l'origine, une quinzaine d'exemplaires de ce petit quillard de régate auraient été construits en grande majorité par les chantiers Aubin (La Tortière, Nantes) à partir de 1929. Talma veut témoigner de l'excellence des savoir-faire nantais tant en terme de construction que de navigation. Il a été construit en acajou sur structure longitudinale en chêne, membrures en acacia rivetées. Les espars sont en pin d'oregon ou spruce.Pont et superstructures / à propos :
Pont et superstructures / état actuel :
Pont entoilé, hiloire en acajou, accastillage bronze (Davey). Etat neuf.Gréement / à propos :
Gréement houari ; haubans inox, écoutes et drisses en synthétiques imitation chanvre. Etat neuf.Voilure / à propos :
22 m² au près. Voiles en dacron à petites laizes. Grand voile (17 m²), deux focs (n°1 : 5,7 m² ; n°2 : 2,8 m²), un spi symétrique (9 m²)Emménagements / à propos :
Banc transversal en acajou, planchers en châtaignerEmménagements / état actuel :
Moteur(s) / type, puissance, année :
Non motorisé pour le moment.Intérêt Patrimonial
Témoignage humain :
Les plans de Talma, monotype de la Loire, sont dus au crayon de Talma Bertrand, architecte naval et ingénieur des travaux publics (Rezé / Trentemoult 1872 – Le Pellerin / La Martinière 1954) Conducteur des Ponts et Chaussées, équivalent à ingénieur des travaux publics de nos jours, Talma Bertrand est né à Trentemoult (Rezé) en 1872 d’un père capitaine au long cours. Il fut notamment conseiller technique auprès de l'entreprise anglaise Phillips de Londres, laquelle fut chargée de l’anastomose des îles de la Loire pour resserrer et faciliter le creusement du chenal de navigation de l’estuaire à Nantes. De fait, Talma Bertrand assurait la direction du chantier. Nous sommes en 1907. Ces travaux, préconisés par l'ingénieur Léchalas en son temps, vont entraîner à échéance la fin du canal maritime de la basse-Loire (dit de la Martinière) et de son trafic. Sa notoriété d’architecte naval – qui n’était pourtant pas son activité principale - était bien établie en 1928 quand il dessina le Monotype de la Loire. En effet, son plan Ar men avait ravi aux Allemands, à Kiel, la Coupe de France en 1907 remportée par l’équipage allemand l’année précédente et, quelques années plus tard, il dessina les plans du 6 m JI Mac Miche mené par les frères Thubé du SNO, sacrés champions olympiques avec ce bateau en 1912 à Stockholm ! Talma Bertrand habitait le village de la Martinière au Pellerin dans une maison de caractère située dans la courbe descendante vers la Loire, nommée par les villageois l’Hôtel. Il s'en serait rendu acquéreur au temps de l’activité du canal maritime. Il possédait un yacht construit sur ses plans baptisé Armor. Il fut maire du Pellerin pour un mandat, après la Première guerre mondiale vers 1920. Talma Bertrand est décédé dans sa résidence de la Martinière en 1954.Témoignage technique ou conceptuel :
A la fin des années 1920, les sportifs nantais qui régataient en mer mais aussi, très souvent, sur l’Erdre et sur la Loire exprimèrent le besoin de bateaux plus économiques, plus légers que les voiliers de la Jauge Internationale, ne nécessitant que deux équipiers et accessibles aux jeunes. C’est ainsi que l’on vit apparaître les séries nationales, les 6,50 et 8,50 qui devinrent séries internationales en 1920. Plusieurs Nantais en possédèrent. Plus tard, en 1928, Gaston Brunet, membre du SNO (Sport nautique de l'Ouest) passa commande à Talma Bertrand, architecte naval déjà réputé, d’un petit bateau de régate, élégant, vif et racé qui devint le premier d’une série que l’on désigna ensuite comme celle des Monotypes de la Loire. En effet, le succès de ce plan fut tel que beaucoup de régatiers réclamèrent aux instances nationales la reconnaissance d’une classe monotype. C’est ainsi que naquit la série des Monotypes de la Loire que la revue de référence Le Yacht du 23 mars 1929 présenta comme telle. Un autre numéro de la revue fait le compte-rendu de régates organisées par le Cercle de la Voile de Nantes (CVN) à Gachet sur l’Erdre les 5 et 9 mai 1929 avec le commentaire suivant : « Ce fut l’occasion d’admirer la superbe tenue par brise forte de la nouvelle création de T. Bertrand, soigneusement exécutée par les chantiers Aubin ». En 2025, François Vivier, qui a « interprété » les plans de Talma Bertrand, a déclaré dans un article paru dans la revue en ligne Nantes Patrimonia (https://patrimonia.nantes.fr/home/actualites/2025/avr-juin/monotype-de-la-loire-la-renaissa.html) : « La revue nautique Le Yacht a publié à l’époque le plan du Monotype de Loire et fourni quelques informations importantes sur le dimensionnement de sa charpente et de son gréement, ce qu’on appelle les échantillonnages. Ces plans ont nécessité un peu de travail pour retrouver la précision nécessaire à une nouvelle construction et redessiner quelques détails dans l’esprit des pratiques de l’époque, mais ils ont permis une construction très fidèle aux monotypes historiques. Seules quelques adaptations aux moyens d’aujourd’hui ont été faites : lest plomb au lieu de fonte pour lequel il n’existe plus guère de fournisseurs, voiles en polyester à défaut des toiles de coton d’Égypte de l’époque, tout en respectant l’aspect des voiles d’autrefois coupées à laizes étroites. » Pour François Vivier, « alors même que ce bateau a été initialement conçu pour être économiquement accessible dans le contexte de l’époque, il s’est effacé quand des techniques de construction plus modernes et plus faciles à mettre en œuvre sont apparues. Pourtant, c’est un voilier qui devait procurer à son barreur et ses équipiers un grand plaisir, fin à barrer, remontant magnifiquement au vent. Voilà en tout cas les qualités que l’on anticipe et que l’on a hâte de vérifier, sur l’Erdre comme sur la côte. » Et l’architecte naval, aux multiples réalisations, de poursuivre : « Construire une réplique de ces bateaux pas si anciens est précieux. Cela permet de perpétuer des savoir-faire d’une grande richesse qui, de quelques arbres, donnent naissance à un bateau et qui sont le résultat de siècles d’améliorations successives. Construire Talma n’est pas seulement redonner naissance à un Monotype de la Loire mais c’est aussi pérenniser le métier de charpentier de navire et un art de naviguer autrement que sur les productions industrielles d’aujourd’hui. »Témoignage événementiel ou d’une activité révolue :
Autres éléments remarquables :
Chronologie :
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