IDENTIFICATION

Année de labélisation : 2026
Renouvelé en date de :
Non renouvelé en date de :
Anciens Noms : néant
Numéro de francisation : 00219096403
N° Immatriculation : CH482913 (F)
Quartier d'immatriculation : CH
Type, série, ou nom local : Plan Cornu, dériveur lesté
Protégé au titre des Monuments Historiques : non

Localisation

Localisation (département) : 50
Port d’attache habituel : Port naturel d'échouage de la Pointe d'Agon
Chantier d’hivernage : Hiver à flot dans port du Hérel à Granville.

Caractéristiques

Genre : Maritime
Usage à l'origine : Plaisance
Mode de propulsion (à l'origine) : voile
Mode de propulsion (actuel) : voile
Architecte : Eugène CORNU
Chantier constructeur : M. Collonges, à Vayres (33)
Année de construction (ou mise en service) : 1960
Longueur hors tout : 10,40 m
Longueur coque : 9,88 m
Longueur flottaison : 8,56 m
Largeur Maître bau : 3,10 m
Tirant d’eau : 1 / 1,7 m
Tirant d’air : 13,60 m
Déplacement (tonnes) : 5,5 t

Description

Coque / à propos :

Construction classique soignée - charpente axiale et virures des oeuvres vives en iroko - virures des oeuvres mortes en acajou - membrures ployées acacia rivées cuivre - étrave arrondie - quille longue (t.e. 1m) avec lest en fonte et dérive pivotante en tôle d'acier inoxydable (poids total 1,5 t, t.e. maxi : 1,7 m) - large safran sur tableau incliné avec barre franche - béquille en orme pour l'échouage. Bon état.

Pont et superstructures / à propos :

Pont et superstructures / état actuel :

Roof et hiloires de cockpit en acajou verni (d'origine) - pont et toit du roof en c.p. + tissu de verre et résine (refaits à neuf) sur barrots en orme (d'origine) - plastique antidérapant d'origine du pont et des bancs de cockpit remplacé par des lattes de teck collées - couronnement, fargues et listons en acajou verni, chaumards bronze - vaste cockpit ouvrant sur une large descente avec porte double (d'origine) - capot de descente coulissant et capot du poste avant sur charnières bronze en acajou et teck - claire-voie en acajou verni et bronze - pied de mât en acier galvanisé (d'origine) formant jumelles, traversant le roof et soutenu par une forte épontille en orme. Très bon état.

Gréement / à propos :

Sloop bermudien avec tous les espars en bois (spruce) : bôme (d'origine), mât avec un étage de barres de flèche et tangon de spinnaker - gréement dormant en acier inoxydable (épissé) - gréement courant synthétique - accastillage bronze (ferrures de bôme, barre d'écoute, deux winches Gibb), inoxydable et teck (taquets). Bon état.

Voilure / à propos :

Grand-voile (27 m2) et génois sur enrouleur (29 m2) - pour le gros temps : un petit foc (8 m2) sur mousquetons textiles à fixer sur bas-étais largable et un tourmentin (3,5 m2) - toutes ces voiles en dacron 350 g/m2, surface maximale au près : 56 m2 - Spinnaker Ratsey en nylon avec chaussette.

Emménagements / à propos :

Grand poste avant avec puits à chaîne, soute à voiles, deux couchettes et coffres - WC Blake "Baby" (d'origine) et penderie - carré avec deux banquettes formant couchettes, table centrale à deux abattants sur puits de dérive, équipets et coffres - coin cuisine à tribord, coin navigation et couchette cercueil à bâbord - les cloisons et certaines surfaces en c.p. sont peintes en blanc toutes les autres boiseries en acajou (hiloires, claire-voie, dossiers de banquettes, équipets, main-courantes et portes), en iroko (planchers), ou en orme (barrots) sont vernies - accès depuis le cockpit par deux marches sur le capot moteur, encadré par deux placards - nombreux rangements sous les bancs du cockpit et sous le pont arrière. Très bon état.

Emménagements / état actuel :

Moteur(s) / type, puissance, année :

Moteur Couach DX4, 35/40 cv (1967) - hélice bipale en bronze - système d'inverseur avec grand levier dans le cockpit et manette des gaz bronze conservés - régulièrement entretenu, ce moteur fonctionne parfaitement.
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Intérêt Patrimonial

Témoignage humain :

Ce dériveur lesté de 10m est tout à fait représentatif des bateaux dessinés à la fin des années cinquante par l’architecte naval français bien connu : Eugène Cornu (1903-1987), dont les célèbres séries (par exemples les 9,30m) ont contribué à populariser la voile tout en restant de construction classique. Cependant Ty-Yann est un modèle original dessiné spécialement par E. Cornu en 1958 pour un particulier (à l’époque président du Touring Club de France, qui l’a baptisé ainsi) et construit à l’unité par M. Collonges, un charpentier ayant travaillé au chantier nantais Aubin, puis installé à son compte dans un petit chantier de Gironde comme il en existait encore beaucoup à cette époque, mais dont nous n’avons plus de traces. Depuis ses origines Ty-Yann n’a connu que trois propriétaires qui se sont transmis tous les documents intéressants, dont les plans (de forme, de charpente et de voilure), ainsi que les témoignages oraux permettant de suivre son histoire jusqu’à aujourd’hui.

Témoignage technique ou conceptuel :

Technique révolue de construction tout bois (espars compris), encore parfaitement maîtrisée en 1960, mais associée à des techniques plus modernes : contre-plaqué pour le cockpit et quelques aménagements intérieurs, avec entoilage de tissu de verre et résine pour le pont, toit du roof et puits de dérive. A noter les boulons de quille et les cadènes en acier inoxydable d’origine, ce qui était encore rare à cette époque, toutes les autres ferrures d’origine étaient en acier galvanisé, comme un très lourd tube faisant office de balcon avant et s’articulant au niveau des cadène de haubans qui servait de chèvre pour dresser le mât pivotant dans les jumelles. Ce système, installé dès l’origine, n’était plus fonctionnel et a été remplacé en 2012 par un balcon plus discret prolongeant la ligne de l’étrave.

Témoignage événementiel ou d’une activité révolue :

Les deux premiers propriétaires de Ty-Yann l’avaient fait jauger pour participer à des régates ou courses-croisières (palmarès inconnu), d’où le numéro “2563” reproduit depuis sur la grand-voile. Un certificat de jauge de la Fédération Française du Yachting à Voile, daté de juillet 1973, indique que “le yacht Ty-Yann F 2563 est jaugé en Mark III, avec un rating de 25,4 pieds”, bien que son programme de navigation ait principalement été orienté vers la croisière familiale côtière ou semi-hauturière (surtout Manche ouest). Depuis ses dernières restaurations, Ty-Yann a élargi son périmètre de navigation jusqu’à l’Irlande ou la Galice et participé à plusieurs rassemblements de navires traditionnels et fêtes nautiques (Douarnenez, Golfe du Morbihan, Route de l’Amitié…) où il se fait remarquer comme représentant de la “belle plaisance”.

Autres éléments remarquables :

Partout où il accoste, Ty-Yann suscite de l’intérêt, des commentaires et nombreuses questions, de la part de simples curieux mais aussi de vrais spécialistes comme Jacques Pichavant, ancien constructeur à Pont-l’Abbé de très nombreux croiseurs Cornu de ce genre, rencontré à Loctudy en août 2025 et très intéressé par l’excellent état général du bateau et la qualité des restaurations effectuées. Au cours d’un long entretien il a relevé les points communs et les différences avec ce qu’il avait l’habitude de construire, nous a précisé les points forts et les points faibles à surveiller. C’est lui qui nous a encouragé à demander la labellisation BIP.

Chronologie :

– De 1960 à 1969 : premier propriétaire, le bateau est basé sur la Seine à Limay, près de Mantes (chantier Ardouin), en 1967 installation du moteur diesel à la place du moteur essence d’origine, d’où légères modifications au niveau de la descente (capot moteur abaissé) au dessus de laquelle est installé un imposant dog-house.
– De 1969 à 2006 : second propriétaire, le bateau est basé à Paimpol (hivernage sous hangar au chantier Dauphin, l’été au mouillage à l’entrée de la Corderie à Bréhat). Durant ces années Ty-Yann reçoit de nombreux autres ajouts nuisant à l’esthétique et à la marche du bateau qui n’est plus du tout dans ses lignes : mâtereau en aluminium avec radar et lourd banc en acajou fixés sur le balcon arrière, trois barres d’écoute Goïot avec chariots et taquets coinceurs, la voilure divisée sur l’avant (trinquette bômée sur le bas étai) est en revanche réduite. 2003-2004 : le mât d’origine, cassé au niveau des barres de flèche, est refait à l’identique en spruce.
– Depuis 2006 : actuel propriétaire, le bateau est basé dans la Manche, à la Pointe d’Agon, hivernage à flot au port de Granville et mise au sec chaque printemps au chantier Smewing à Regnéville-sur-Mer. Suppression du dog-house, le plan de voilure et le système d’écoute retrouvent leur simplicité d’origine et la coque son ancienne ligne de flotaison. De 2007 à 2013 : plusieurs saisons de rénovations, réalisées pour l’essentiel en amateur, aidé et conseillé par le patron du chantier Marc Smewing, ont conduit à la réfection complète du cockpit, du safran et de la barre, des capots de descente et de poste avant, du pont (c.p., époxy et lattes de teck), des fargues et listons (sapelli), du toit du roof sur lequel est ajoutée une petite claire-voie, de tous les circuits électriques, de la cuisine et du coin navigation. Toutes les anciennes ferrures en acier galvanisé (ferrures d’étrave et de safran, davier, bandes molles, balcons et chandeliers) sont refaites sur mesure par des artisans. Des aérateurs (en bronze et solaires) sont posés. 2017 : remplacement de trois varangues et galbords refixés sur la quille au chantier Dubosc à Granville, dérive remplacée.

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